La réapparition du choléra constitue une préoccupation mondiale de plus en plus pressante, avec une hausse du nombre de cas signalés dans divers pays. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé cette résurgence du choléra au niveau 3, son degré d'urgence le plus élevé, et appelle à une action concertée pour combattre cette maladie.
Le ministre de la Santé, Dr Pierre SOMSE, et la Représentante de l’OMS en Centrafrique, Dr Marie Roseline Darnycka Bélizaire, ont co-animé une conférence de presse ce dimanche 3 août 2025 à Bangui.
L'objectif de cette conférence de presse est de discuter avec les médias de la situation actuelle de cette épidémie à l'échelle mondiale et dans la sous-région, ainsi que de l'état des préparatifs menés par le ministère de la Santé pour garantir l'absence de choléra dans le pays.
La représentante de l'OMS en RCA a présenté l'état actuel de la situation :
« À l'échelle mondiale, entre le 1er janvier 2025 et le 29 juin 2025, nous avons enregistré un total de 305 903 cas cumulés de choléra, avec 3 522 décès signalés dans trois grandes régions de l'OMS. Les régions les plus affectées sont la région de la Méditerranée, qui compte 159 414 cas dans six pays, suivie par notre région, la région africaine, qui a enregistré durant cette période 153 762 cas dans 19 pays, et maintenant dans 20 pays, ainsi que la région de l'Asie du Sud, qui a totalisé 2 727 cas dans cinq pays. Concernant la région africaine de l'OMS, voici les pays ayant enregistré le plus grand nombre de cas durant cette période : le Soudan du Sud, un pays voisin de la RCA, qui a cumulé 62 903 cas avec 1 092 décès. Nous avons également l'Angola qui a enregistré 27 033 cas avec 780 décès. La République démocratique du Congo a cumulé 34 192 cas avec 803 décès. L'Éthiopie a enregistré 5 425 cas avec 47 décès. Le Ghana a comptabilisé 2 480 cas avec 14 décès. Le Kenya a eu 418 cas avec 20 décès. Le Malawi a enregistré 109 cas avec 2 décès. Le Mozambique a totalisé 3 857 cas avec 33 décès. La Namibie a eu 29 cas avec 1 décès. Le Nigeria a enregistré 1 703 cas avec 53 décès. Le Rwanda a comptabilisé 263 cas sans décès. L'Ouganda a eu 160 cas avec 3 décès. La République unie de la Tanzanie a enregistré 3 571 cas et 35 décès. Enfin, la Zambie a eu 483 cas et 9 décès. »
Aubin Ndata
Le ministre de la Santé, Dr Pierre SOMSE, a également saisi cette occasion pour adresser une déclaration à la population centrafricaine, les exhortant à prendre des mesures de riposte afin de se protéger.
Extrait de la Déclaration du ministre de la Santé et de la Population
« (…) Fort de ce qui précède, la RCA est belle et bien exposée à un risque très élevé d'épidémie de choléra. Mais le fait que notre pays n'ait pas encore notifié de cas de choléra n'est pas une excuse pour rester inactif. En effet, prévenir vaut mieux que guérir. Dans cet esprit, le ministère de la Santé de la Population, en collaboration avec ses partenaires, est à pied d'œuvre pour renforcer les capacités de réponse en fonction du niveau de risque des districts sanitaires. Plusieurs mesures sont donc préconisées et mises en œuvre, notamment la sensibilisation de la communauté par les acteurs de l'engagement communautaire. La dotation de dix districts sanitaires de kits d'investigation pouvant assurer 200 tests de diagnostic rapide de choléra. Ces kits contiennent aussi le matériel de prélèvement des échantillons et les milieux de transport. L'activation du partenariat avec l'institut Pasteur de Bangui pour la confirmation des cas de choléra. La fourniture de matériel de prévention et de contrôle d'infection des kits d'urgence basiques et supplémentaires dans 12 districts pour assurer le traitement gratuit des malades courants, y compris des cas suspects de diarrhées aiguës dans les formations sanitaires ciblées.
L'approvisionnement de cinq districts de santé à risque en kits pour la prise en charge de 500 cas modérés de choléra au niveau communautaire. La collaboration multisectorielle avec une emphase sur l'information, l'éducation, la communication pour le changement de comportement, l'assainissement, l'hygiène collective et l'approvisionnement en eau potable. Et la mise en œuvre de la surveillance hydrique dans le cadre d'une surveillance épidémiologique renforcée. Le renforcement des capacités du personnel, y compris par des exercices de simulation de réponse à l'épidémie. J’instruis donc tout le personnel de santé, tant du secteur public que privé, de rester vigilant et d'investiguer tout cas de diarrhées aiguës, de leur communiquer les résultats aux districts sanitaires.
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