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La réappropriation du Protocole de Maputo en Afrique nécessite un renforcement de sa mise en œuvre et de son application effective afin de garantir les droits des femmes et des filles. Cette réappropriation inclut la levée des réserves sur certaines dispositions, l'adaptation des législations nationales, ainsi que la sensibilisation aux droits des femmes, en particulier en matière de santé sexuelle et reproductive.

Un atelier d’échange et de partage d’expérience a été organisé à Bangui, la capitale de la République centrafricaine, du 5 au 8 août 2025 dans le cadre d’une mission de visite conjointe d’IPAS-RDC, du centre ODAS en Côte d’Ivoire, de Médecins du Monde en RCA et de Médecins Sans Frontières (MSF). Cet événement a rassemblé des acteurs nationaux, notamment des journalistes membres de la plateforme des journalistes en santé sexuelle et reproductive de Centrafrique (PJSSR-RCA) ainsi que des représentants de la société civile. L’objectif est de renforcer leurs compétences pour s’approprier le protocole de Maputo.

La République centrafricaine a officiellement ratifié le Protocole de Maputo à la suite de la mission de plaidoyer pour la ratification menée par la Coalition SOAWR le 25 juin 2025. Le Gouvernement de la République centrafricaine a déposé l’instrument de ratification du Protocole de Maputo le 29 juillet 2025, devenant ainsi le 46ᵉ État à accomplir cette démarche.

En tant qu’État membre de l’Union africaine, la RCA reconnaît pleinement l’importance du Protocole de Maputo et l’a ratifié le 10 mai 2012. Malheureusement, en raison des nombreuses crises militaro-politiques que le pays a traversées, l’instrument de ratification n’a jamais été transmis à l’Union africaine. Ce protocole de Maputo, ratifié par la RCA, nécessite un meilleur mécanisme d’appropriation par la population locale, notamment les femmes directement concernées.

Les participants à l'atelier de Bangui en Centrafrique

La rencontre avec la plateforme des journalistes Santé Sexuelle et Reproductive de Centrafrique (PJSSR-RCA) et la société civile a pour objectif de mieux comprendre le Réseau des Journalistes pour les Droits et la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR), d'analyser les actions, les défis et les perspectives, ainsi que d'explorer des possibilités de collaboration entre le réseau et le Mouvement ODAS. Cela vise à renforcer le changement de narratif et le plaidoyer concernant les droits et l'accès à l'avortement sécurisé en Afrique francophone, avant d'aborder des discussions sur le protocole de Maputo et l'écosystème durable de l'avortement.

L'atelier de trois jours qui s'est tenu à Bangui a constitué un cadre d'échanges et de partage d'informations et de connaissances sur l'ampleur de la situation des avortements. Il a également permis de clarifier les valeurs nécessaires pour une prise en charge adéquate des victimes, tant sur le plan médical, psychologique que judiciaire. L’objectif a été de promouvoir la compréhension et l’engagement des journalistes et la société civile dans la défense et la vulgarisation des droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR).

Les grandes lignes du Protocole de Maputo ainsi que l’importance de l’article 14

« Avortement médicalisé » en tant que droits des femmes ont été exposées.

« Les États prennent toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste, et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. » (Article 14).

Les expériences du RJSSR-RDC

Mme Bibiche Mbete, coordinatrice du réseau des journalistes en santé sexuelle et reproductive de la République Démocratique du Congo (RJSS-RDC), a souligné la mission de ce réseau, qui vise à : contribuer à la promotion de la SSR en RDC, notamment par la création de contenus médiatiques responsables et de qualité, ancrés dans les droits humains et la santé publique, tout en cherchant à améliorer la couverture médiatique tant en quantité qu'en qualité sur les questions DSSR et à lutter contre la désinformation et la mésinformation concernant la santé sexuelle et reproductive.

Le RJSSR-RDC joue le rôle d'intermédiaire entre les communautés, les professionnels de santé, les décideurs et les partenaires techniques, adoptant une approche qui combine journalisme engagé, santé publique et promotion des droits humains fondamentaux.

IPAS RDC est une organisation internationale dédiée à la défense de la justice reproductive, dont l'objectif principal est d'élargir l'accès à l'avortement et à la contraception. IPAS RDC œuvre sur les cinq continents avec des partenaires et des gouvernements pour garantir un accès élargi à l'avortement et à la contraception, fournir aux individus des informations essentielles sur la santé reproductive afin qu'ils puissent accéder aux services, et plaider pour un avortement légal, accessible et sécurisé.

Le rôle des journalistes et de la société civile est crucial dans la promotion des DSSR et dans la lutte contre les tabous et la désinformation.

Aubin Ndata

 

 

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