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Telle est l'attente de la population centrafricaine exprimée par Valentine Rugwabiza, représentante spéciale du Secrétaire Général de l'ONU et cheffe de la MINUSCA, lors de sa première conférence de presse, le mercredi 18 mai 2022 à Bangui.

La diplomate onusienne en poste en République Centrafricaine depuis un mois, a effectué une première mission hors de Bangui, précisément à Bambari, au centre du pays, où elle a rencontré des représentants des populations qui ont dévoilé leurs conditions de vie dominée par l’insécurité.

La cheffe de la MINUSCA s'est rendue à Bambari, le 10 mai dernier pour participer au lancement d'une opération conjointe entre les forces de défense de la RCA et les casques bleus onusiens.

Valentine Rugwabiza est disposée à apporter sa contribution conformément à sa lettre de mission en République Centrafricaine, pour une solution concertée à la crise centrafricaine. La paix durable tant souhaitée par le peuple centrafricain n’est pas (seulement) l’affaire de la MINUSCA y compris la protection des civils en cas d’attaque par des groupes armés car les capacités de mission onusienne sont limitées.  La résolution 2601 est claire et précise sur la protection des civils : Protéger les civils est la responsabilité première des autorités centrafricaines. La MINUSCA ne vient qu’en appui pour anticiper, écarter et contrer toute menace grave visant la population civile selon une approche globale et intégrée.

C’est à Bambari, que le miroir de la souffrance du peuple s’est affiché. « Notre préoccupation essentielle est l’insécurité. Plusieurs personnes vivent encore dans la peur car la sécurité est encore fragile autour de la ville de Bambari, les groupes armés circulent », a relaté un représentant de la population de Bambari lors de la rencontre avec la cheffe de la MINUSCA, le 10 mai 2022. Une préoccupation légitime qui nécessité une réflexion conjointe pour redonner espoir au peuple en détresse. 

Le nouveau mandat confère à la MINUSCA des taches prioritaires liées à la restauration progressive de la sécurité durable sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Pour répondre à la préoccupation du peuple, la cheffe de la MINUSCA a demandé un réajustement des forces onusiennes dotées d’une posture de pro-active  et d’une posture préventive. Mission délicate certes, mais pas impossible. C’est dans ce contexte que Valentine Rugwabiza réaffirme sa détermination à utiliser toutes les ressources mise à disposition pour renforcer le mandat de la mission avec une capacité additionnelle.

« Le territoire centrafricain est très vaste. Il faut donc appuyer le gouvernement centrafricain à mobiliser les groupes armés pour qu’ils renoncent à la violence », a souhaité Valentine Rugwabiza.

Les élections locales

La MINUSCA réitère son appui à l’organisation des élections locales. Ces élections est une étape essentielle dans la politique de décentralisation et de la présence effective de des services de l’Etat sur le territoire.

L'appui aux Forces de Défense et de Sécurité.

Une nécessité pour la MINUSCA de renforcer les compétences des Forces de Défense et de Sécurité pour être opérationnelles sur toute l’étendue du territoire national.

Le Programme D.D.R

Une préoccupation pour la Représentante Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU. Elle réaffirme le soutien de la MINUSCA à la Reforme du Secteur de la Sécurité.

La Cour Pénale Spéciale (C.P.S)

La mission de la CPS est favorablement accueillie. « Nous continuerons d’appuyer la CPS », a précisé Valentine Rugwabiza.

La Commission Vérité Justice Réparation et Réconciliation (C.V.J.R.R)

Satisfecit pour la combinaison du mécanisme judiciaire et le mécanisme de vérité et réconciliation.

L' embargo

« Il y’a énormément de confusion », a souligné la cheffe de la MINUSCA. Les prérogatives sur l’embargo ne relèvent pas du Secrétaire Général de l’ONU mais du Conseil de Sécurité. En d’autres termes, il appartient donc aux 15 membres du Conseil de Sécurité de décider sur l’embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine.

Les défis sécuritaires

Avoir une armée centrafricaine professionnelle capable de protéger l’ensemble du territoire national et protéger les civils.

Pour conclure, la cheffe de la MINUSCA avec seulement un mois de présence en Centrafrique, a déjà une lecture de la situation qui prévaut dans le pays. L’unique attente de la population porte sur la sécurité durable et non une sécurité saisonnière. D’où la nécessité de concentrer les efforts sur les opportunités qui existent pour placer la fondation d’une paix durable. Les groupes armés sont fatigués. Cette fatigue est une opportunité qui peut conduire à la reconstruction de la Paix. La situation humanitaire est encore seulement préoccupation. Avec seulement 22% des fonds disponibles pour répondre aux besoins des populations, il faut encore compléter l’enveloppe du Plan de réponse humanitaire 2022 estimé à 461,3 Millions de dollars pour assister 3,1 millions de personnes parmi lesquelles 2 millions sont ciblées. Il s’agit entres autres de  fournir une assistance d’urgence à 1, 6 millions de personnes en priorisant les personnes âgées, handicapées et celles qui se trouvent en zone à haute intensité de conflit. 

« Les besoins humanitaires en République Centrafricaine ont atteint un niveau inégalé en cinq ans. La recrudescence de la violence armée et récession de l’économie centrafricaine ont plongé 63% de la population soit 3,1 millions de personnes dans une grande vulnérabilité. Parmi elles, 2,2 millions ont des besoins sévères qui exigent une réponse d’urgence », souligne un rapport d’OCHA publié en janvier 2022.

Arsène-Jonathan MOSSEAVO

 

 

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