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Synergie des médias sur le Dialogue Républicain avec l’appui de la MINUSCA

Les rideaux sont tombés le dimanche 27 mars 2022 sur le dialogue républicain débuté le 21 mars dans la capitale centrafricaine. Une semaine d'informations sur les causes proches et lointaines de la crise Centrafricaine, une semaine de partage d'expériences sur des stratégies de résolutions des conflits et enfin une semaine de débats pertinents avec des sujets qui se sont invités au dialogue républicain tels que la révision partielle de la constitution, l'amélioration des conditions travail des journalistes etc. L'opposition démocratique s'est déchirée tout au long des travaux par la publication des notes d’exclusion, suspension et de démission publiées sur les réseaux sociaux.

La concertation des forces vives de la nation sensée apporter un début de solution à la crise centrafricaine est un rendez-vous qui plus ou moins a atteint ses objectifs à un certain niveau à travers des recommandations formulées par thématique mais le dialogue républicain a été aussi un moment de règlement de compte de quelques personnalités politiques centrafricaines, des pays étrangers voire des institutions internationales accusés d'être à l'origine des multiples instabilités sociopolitiques dans le pays.

Tout ne pouvait être réglé en six jours. Ainsi, peut-on dire qu'il y'a eu des avancées dans le dialogue républicain promis par le président Touadera ? Est-il rentable avec l’absence d’une partie de l’opposition démocratique ? Telles sont des interrogations quant à la suite de la concertation entre des forces vives de la nation organisée à Bangui du 21 au 27 mars 2022 au siège du Parlement Centrafricain.

 

Des leaders de l’opposition refusent de participer au dialogue républicain malgré la prise en compte de leurs thématiques.

A la veille de l’ouverture officielle du dialogue républicain, la coalition de l’opposition démocratique 2020 (COD-2020) après une longue réunion a publié une déclaration dans laquelle elle exige l’inscription de trois thématiques dans l’ordre du jour du dialogue républicain portant sur :

Primo : la crise post-électorale ;

Secundo : les reformes structurelles des institutions républicaines ;

Tertio : la signature d’un Accord politique.

Le président en exercice de la COD-2020, Cyriaque GONDA, président du PNCN (Parti National pour un Centrafrique Nouveau) est monté à la tribune du dialogue républicain pour expliquer les raisons du refus  de l’opposition de participer à cette concertation.  A l’ouverture des travaux, le président de la République, Faustin Archange Touadera a déclaré qu’il n y a pas de sujets tabous en exhortant le présidium à laisser chaque délégué s’exprimer librement. Le présidium du dialogue républicain, s’alignant sur les directives du chef de l’Etat, a par consensus, inscrit les trois thématiques proposées par l’opposition.

Quelques membres de l’opposition démocratique sont revenus pour participer aux travaux, un  retour qui n’a pas plu à certains leaders de la COD-2020 notamment, Nicolas TIANGAYE, Martin ZIGUELE du MLPC et Crépin MBOLI-GOUMBA du PATRIE. La COD-2020 au lendemain de la rencontre de l’opposition démocratique avec le présidium du dialogue républicain, publie une note annonçant la suspension de Cyriaque GONDA, président en exercice de la COD-2020, pour indiscipline et trahison. Des sanctions sont prises et des démissions au sein de la COD-2020 sont annoncées et publiées sur les réseaux sociaux.

 

Face à cette situation liée à la déconfiture et la déchirure au sein de l’opposition démocratique centrafricaine, peut-on dire que la prise de position de Martin ZIGUELE, Anicet –Georges DOLOGUELE, Nicolas TIANGAYE et Crépin MBOLI-GOUMBA, considérés comme des poids lourds de l’opposition en Centrafrique, ne dévaloriserait pas le dialogue républicain tenu à Bangui pendant une semaine ? Aussi, si déjà ces chefs de l’opposition commencent à s'envoyer des flèches, que vont-ils servir à leurs militants et au peuple ? La politique de la chaise vide est –elle la bonne réaction pour exprimer une revendication ? Pourtant, les trois thématiques proposées par l’opposition démocratique ont été prises en compte. Qu’est ce qui s’est passé (réellement) pour décider de ne pas participer aux travaux du dialogue républicain ? Jusqu’au moment où nous mettons sous presse cet article, aucune justification claire et précise n’est donnée à ce refus catégorique. Du coup, des réactions et interprétations diverses surgissent sur l’absence de Ziguélé, Dologuélé, Tiangaye, et Mboli-Goumba au dialogue républicain.

De l’avis du pouvoir public, principalement le président de la République, Faustin Archange TOUADERA, l’abcès est percé ; aucun sujet n’a été tabou. Des heures sombres ou glorieuses de notre histoire commune ont été occultées par les délégués.

« La pertinence de vos recommandations traduit la sincérité et la richesse de vos échanges.

Le Dialogue Républicain a atteint ses objectifs. Les sceptiques et les fatalistes en tireront beaucoup de leçons. Ils retiendront entre autres qu’aucun défi n’est plus grand pour un peuple uni, solidaire, audacieux et ouvert », a martelé Faustin Archange TOUADERA.

 

Le dialogue républicain est terminé. Plus de 600 recommandations sont formulées. Le peuple est maintenant dans l’attente de la mise en œuvre progressive de ces recommandations. Des leaders de l’opposition démocratique qui ont boycotté les travaux ont certainement d’autres raisons qui ont motivé leur absence à cette concertation de paix, de réconciliation et de la marche vers le relèvement socio-économique de la République Centrafricaine.

Pour conclure, le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, dans son discours conclusif du dialogue républicain, a exhorté les leaders politiques de son pays en ces termes : «  J’invite à nouveau, les leaders politiques qui n’ont pas encore brisé la tyrannie, à rattraper le train de la paix et de la réconciliation nationale, à s’unir derrière le peuple, pour construire ensemble, avec détermination, confiance et sincérité, l’unité nationale, une paix durable et un meilleur avenir pour la jeunesse. Il est irresponsable de se calfeutrer derrière des arguments fallacieux pour refuser le dialogue, abandonner le peuple qu’on prétend servir, à la veille d’un grand rendez-vous de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de la prospérité. La porte du dialogue vous reste grandement ouverte ».

Attendons de voir !

Arsène-Jonathan MOSSEAVO

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