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De tous les chefs d’Etat de l’ancienne Métropole française, Emmanuel Macron aura été celui dont le bilan des relations avec l’Afrique en général et la République centrafricaine en particulier est des plus malencontreuses et difficiles à cause de ses nombreuses et scandaleuses frasques politiques, diplomatiques et langagières. Pour le cas centrafricain, les faits parlent d’eux–mêmes et se passent de commentaire. Et les dire ou les rappeler, ce n’est pas être anti-Français -loin s’en faut- mais dire simplement la vérité et attirer l’attention des uns et des autres sur la mauvaise politique de la France en Afrique.

Acte 1: SOUTIEN AUX COUPS D’ÉTAT, RÉBELLIONS ET GROUPES ARMÉS
 Ce n’est un secret pour personne que la France a toujours été le cerveau et derrière les coups d’Etat (Bokassa en 1966, Dacko en 1979, Kolingba en 1981, Bozizé en 2003 et Djotodia en 2013), les mutineries politico-militaires (celles de 1996 et du 28 mai 2001 sous le régime Patassé), les rébellions et groups armés tels que: la CPC de Bozizé en 2001-2003 et celle de 2020 à nos jours, l’UFDR de Michel Djotodia en 2006-2012, l’APRD des Christophe Gazambeti et Jean-Jacques Demafouth en 2007-2011, l’UFR de Nelson Ndjadder de 2007 à 2020, la CPJP des Charles Massi, Bévara Lhala, Mohammed Moussa Dhafane et Abdoulaye Hissène en 2008-2012, le MLCJ d’Abakar Sabone et Gilbert Toumou Déya de 2011 à 2016, la coalition Séléka de Michel Djotodia Am-Nondroko de 2012 à 2013, le FPRC des Nourredine Adam, Abdoulaye Issène et Joseph Zoundéko, le MPC de Mahamat Alkhatim, l’UPC d’Ali Darass, le RPRC de Herbert Gotran Djono-Ahaba, les groupes anti-balakas des Ngaïssona, Mokom et autres, depuis 2013 à nos jours; la RJ de Sayo Ningatouloum et autres de 2014 à 2020; les 3R d’Abbas Sidiki, et autres. 
La plupart des armes et munitions utilisées par ces rébellions et groupes armés sont de fabrication française, comme celles qui, à un moment donné, étaient destinées au Boko Haram au Nigéria mais qui avaient transité par la RCA avant d’être interceptées au Tchad. A Bangui, Bambari, Bossangoa, Bouar, Bozoum, Paoua, Bria, Ippy, Birao, Alindao, Kaga-Bandoro, Gadzi, Yaloké, etc., plusieurs témoignages ont fait état de la remise, par les soldats français des opérations Boali et Sangaris et de la Minusca, aux groupes armés belligérants, pour perpétuer la crise. En Centrafrique, jamais une rébellion n’est née et n’a survécu sans le soutien politique, militaire, stratégique et financier de la France.

Acte 2: RETRAIT DES TROUPES DE L’OPÉRATION SANGARIS
En prenant les rennes du pouvoir le 30 mars 2016 après la phase décisive du second tour de l’élection présidentielle qui l’avait mis aux prises avec le candidat du parti URCA Anicet Georges Dologuélé un mois auparavant et dans un contexte de crise sécuritaire aigue, le président Faustin Archange Touadéra comptait sérieusement sur l’armée française qui est la seule puissance au monde à avoir une bonne connaissance de la situation sécuritaire du pays. Mais le gouvernement français avait plutôt décidé, contre toute attente, de retirer les soldats de l'opération Sangaris de la RCA en novembre 2016. C’était quand même trop tôt. 
Et pourtant, la présence de ces troupes avait dissuadé pendant trois ans les velléités putschistes et thanato-sécurocratiques des groupes armés qui avaient essaimé le pays du nord au sud et de l’est à l’ouest en passant par le centre. C’était un coup dur pour Touadéra neuf mois seulement après son arrivée au pouvoir. Ce n’était pas le moment d’abandonner ce pays pos-transition, surtout que le pays ne disposait pas d’une armée debout pour assurer ses fonctions régaliennes comme il se doit ! Les autorités centrafricaines avaient beau supplié la France de faire revenir Sangaris ou de mettre en place une nouvelle mission militaire pour la paix en RCA comme elle le fait au Mali avec l’opération Barkhane qui s’y trouve depuis au moins 8 ans, mais le gouvernement français avait toujours dit niet. Conséquence : 80% du territoire centrafricains ont été occupés par les groupes armés jusqu’en début 2021.

Acte 3: PÉNURIE ORCHESTRÉE DU CARBURANT
Total, société d’hydrocarbure française, auteur de plusieurs guerres et cous d’Etat en Afrique (guerre du Biafra au Nigeria, guerre du Congo-Brazza qui a destitué en 1997 le président démocratiquement élu Professeur Pascal Lissouba pour réinstaller le putschiste Général Denis Sassou-Nguesso…), refuse depuis un mois d’approvisionner le pays en carburant en vue de créer une autre crise aux conséquences incalculables. Entre-temps, les ennemis de la paix (CPC et autres) sont régulièrement servis dans des futs de 200 litres en prévision de ce que tout le monde sait déjà. Cette vraie fausse pénurie du carburant est la première stratégie de la France pour prendre en otage la RCA en la mettant dans une dépendance en matière d’hydrocarbure. 

Acte 4: Dans le même cadastre, la SOCATRAF, succursale locale de Bolloré Transports et Logistique, une société de droit français qui a envahi l’Afrique, refuse de transporter du carburant dans le but de faire chuter les recettes fiscalo-douanières alors qu’elle en a les moyens et le quasi monopole. Sous la pression du gouvernement, elle a fait semblant de mettre en navigation le bateau La Kotto la semaine passée à destination de Brazzaville pour amener du carburant. Mais elle a mis un moteur pourri qui a explosé 10 minutes seulement après son décollage au niveau du village Mbongossoua (Île des singes) en plein 2è arrondissement de la capitale. L’épave de l’engin est parqué et le bateau immobilisé. La même SOCATRAF dirigée par Bruno Perrier, officier français à la retraite et ami du mercenaire français Juan Rémy Quignolot en état d’arrestation à Bangui, a abandonné plusieurs barges de la RCA sur le large de Brazzaville et immobilisé des bateaux centrafricains le long du fleuve Oubangui, ce qui constitue un terrible manque à gagner pour l’Etat centrafricain. Voilà la deuxième stratégie de la France pour prendre en otage la RCA en la mettant dans une dépendance en matière d’hydrocarbure.

Acte 5: La SUCAF, entendez Sucrerie africaine de Centrafrique, filiale de l’agroalimentaire SOMDIAA, serait en train de mettre en place une stratégie pour faire passer le prix du sucre de 50g du simple au double: passer de 17 000 Francs CFA à 34 000 Francs CFA ! Tout ceci pour faire souffrir la population centrafricaine à qui la France reproche d’avoir réélu le professeur Touadéra, lorsqu’on sait que le sucre fait partie des produits de consommation de première nécessité.

Acte 6: MOCAF, entendez Motte cordonnier d’Afrique, l’unique brasserie de droit français qui a le monopole de la production des boissons alcoolisées et non-alcoolisées en Centrafrique,  ne cesse de spéculer sur le prix de boisson à des fins de soulèvements de la population. Autant de stratégies criminelles de remise à zéro de la démocratie en Centrafrique et de spéculation qui ne font que confirmer la perfidie de la vieille et hideuse politique de la Françafrique dont le président Macron est tributaire et provoquer ce que lui qualifie à tort de sentiment antifrançais.

Acte 7: CHANTAGE FINANCIER STUPIDE DE MACRON
       Dans une tribune intitulée « L’emprise russe en République centrafricaine inquiète Paris » publiée fin mai dernier dans Monde Afrique, Cyril Bensimon et Benoît Vitkine révèlent que le 17 avril 2021, après un conseil de défense organisé spécifiquement sur le pays de Touadéra, le président Emmanuel Macron a eu un entretien tendu avec son homologue centrafricain. «Il l’a appelé pour lui signifier que l’aide budgétaire de 2020 ne sera pas décaissée et que celle de 2021 est suspendue», relate une source en interne. Cela s’appelle du chantage ! Et pourtant, le pays continue de vivre sans l’aide financière de la France depuis 2020 !
Si c’est à cause de sa petite aide de six (6) milliards de FCFA que Macron veut mettre à genoux tout un peuple, il se trompe. Et d’ailleurs, à qui profite cet argent? Beaucoup plus aux ONG internationales et surtout françaises, dont les administrateurs et gestionnaires, le plus souvent des chômeurs français de France, font du siphonage à ciel ouvert. 
Macron a perdu ses sens en affirmant cela. Un grand type du genre président d’une grande puissance ne doit pas dire pareille chose. Il est tombé trop bas devant Touadéra et devient ridicule aux yeux des Centrafricains. 
Le petit président français fait franchement pitié. Il ne réussira pas à faire du président Touadéra ni du peuple centrafricain son otage à cause des miettes. Qu’il sache que la dignité du peuple centrafricain vaut plus que l’aide financière de la France et de tous les pays du monde réunis.

Acte 8: MAL BOUCHE DE MACRON Á L’ÉGARD DU PRÉSIDENT TOUADÉRA
Taxer un homologue chef d’Etat d’« otage » d’un groupe présumé de mercenaires en l’occurrence Wagner de droit russe sans en avoir la moindre preuve et surtout avec dédain et par voie de presse (cf. l’hebdo français Journal du dimanche -JDD- du 30 mai 2021), c’est porter gravement atteinte à l’honneur, à la réputation et à l’intégrité morale du chef d’Etat. C’est de l’extrême humiliation, un mépris total pour le président Touadéra qui ne mérite pas cela car représentant de tout un peuple. 
     Les relations entre les chefs d’Etat qui sont les premières institutions et représentants des Etats et de leurs peuples respectifs devaient être empruntes de respect mutuel, de tolérance, de courtoisie et de considération réciproque, ce qui n’est malheureusement pas le cas du néocolonialiste Macron qui est manifestement dans la pure logique de l’idéologie dominante, c’est-à-dire le système mondial de domination et d’exploitation.. 
Au risque de me répéter, ces écarts de langage signifient que Macron n’a pas de considération pour l’élu du peuple centrafricain. Cela est une attitude inamicale et anti-institutionnelle, de surcroît contraire à l’esprit et à la lettre de la Convention de Vienne qui régit les relations entre les Etats. 
Macron et les Français doivent savoir que le président centrafricain n’est pas leur moquette ni leur otage. La colonisation est terminée ! Ils ne réussiront plus à prendre un seul chef d’Etat centrafricain en otage comme ils l’avaient fait à David Dacko, Jean Bedel Bokassa et André Kolingba qu’ils avaient utilisés et pressés comme du jus d’orange avant de les jeter par terre et abandonner.
Trop c’est trop ! Que les officiels français cessent d’abuser des peuples africains. Et qu(ls sachent que quand la Centrafrique se réveillera, les Français néocolonialistes iront aux enfers.
L’oracle a parlé.

Par Cyrus-Emmanuel SANDY

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